Jeudi 23 mai 2019
De l’ombre à la lumière
Maxim Emelyanychev retrouve le théâtre dans trois sonates de Mozart
Piano Sonatas

Le moins original dans ce disque, c’est sûrement son programme : ces trois sonates et la fantaisie (compagne inséparable de la K475), sont parmi les plus enregistrées de Mozart. Rien d’original non plus quant au choix de l’instrument, une copie d’un pianoforte Anton Walter construit à Vienne environ un an après la mort du compositeur. En revanche, ce que Maxim Emelyanychev fait avec ces sonates et cet instrument est plus singulier. Le diptyque formé par la fantaisie et la sonate en ut mineur est joué vraiment dans un seul élan (et pas seulement dans le continuité), et sans rien bousculer, le chef de l’ensemble Il Pomo d’Oro sait rendre haletante son interprétation. Il « problématise » encore la Sonate en ut majeur, qui n’a rien de « facile » ou scolaire sous ses doigts : les reprises se chargent d’ornements et ce qui semble d’habitude un chemin parfaitement tracé devient un vrai questionnement. La dernière sonate, dans la tonalité éclatante de ré majeur, n’est pas non plus un parcours triomphal : le vieux principe qui veut que la moindre page de Mozart soit du pur théâtre est ici encore confirmé. Le choix de l’instrument est pleinement justifié par l’interprétation elle-même, qui joue avec les nuances et les couleurs pour projeter sur la musique des clairs obscurs superbement captés par une prise de son, modèle elle-même de comment tirer le meilleur profit d’un pianoforte.
Pablo Galonce

Fantaisie en ut mineur K 475 ; Sonate n° 14 en ut mineur K 457 ; Sonate n° 16 en ut majeur 545 - Sonate n° 18 en ré majeur K 576
Maxim Emelyanychev (fortepiano)
1 CD Aparte AP161
59 min

mis en ligne le vendredi 18 mai 2018

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