Jeudi 17 octobre 2019
Dans les bagages de l’exilé
Vladimir Ashkenazy exhume des pièces rares de Rachmaninov
Rarities

Que reste-t-il des partitions emportées par Rachmaninov quand il quitta son pays ? Qu’est-ce que les interprètes n’ont pas encore exploité ou joué de son œuvre pour piano ? Vladimir Ashkenazy ranime ces questions, en reprenant des miniatures plus rarement interprétées du compositeur, et en créant deux pièces inédites. A force de suivre « des chemins qui ne mènent nulle part », il se dégage une impression éclatée. On est réduit à quelques stances : ici c’est la découverte du Nunc Dimitis, qui transcrit un cantique de recueillement et de funérailles, mais l’interprétation d’Ashkenazy est rigide, presque martiale, et elle n’honore pas sa profondeur tragique et religieuse. Là, on s’arrête aux Morceaux de salon (op. 10) où la sonorité un peu dure du piano dissone avec l’esprit des pièces. On s’étonne aussi des Nocturnes, qui ressemblent si peu à ceux de Chopin, et ramènent plutôt à Field qui les a inventés. Non décidément, il ne reste pas grand chose d’intéressant du ballot d’exil de Rachmaninov. Il ne ressort pas grand chose non plus de la compilation d’Ashkenazy qui a pourtant, par le passé, été plutôt remarquable dans ses enregistrements du même compositeur.
Katchi Sinna

Nocturnes, Triste est la nuit, Nunc dimittis, Chanson sans paroles, Mazurka, Valse, Romances en fa mineur et en fa dièse, Esquisse orientale, Fughetta, Fugue en ré mineur, Canon en mi mineur, Préludes, Barcarolle, Gavotte, Morceau de fantaisie...
Vladimir Ashkenazy (piano)
1 CD Decca 478 2939
1 h 16 mn

mis en ligne le mercredi 27 mars 2013

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