Mardi 15 octobre 2019
Dame de coeur
Un Otello sans éclat. Heureusement Desdémone est là
Otello

Rôle à haut risque, Otello élit peu d’interprètes par génération. A Jon Vickers et Placido Domingo ont succédé l’élégant Gregory Kunde et l’athlétique Aleksandrs Antonenko, que l’on retrouve ici dans le cadre géant du MET de New York. Mais c’est Sonya Yoncheva qui lui vole cette fois la vedette : physique de rêve et voix juvénile, sa Desdémone conjugue les qualités de Kiri Te Kanawa et de Renée Fleming, qui l’ont précédée sur la même scène. Son interprétation raffinée tranche sur l’art plus épais d’Antonenko et de Zeljko Lucic, actuel baryton à tout faire des scènes internationales, dont le Iago soudard est pour le moins avare de nuances. Bons seconds rôles (avec l’impressionnant Günther Groissböck en ambassadeur de Venise) et direction animée sans être tonitruante de Yannick Nézet-Séguin, dans la lignée de James Levine, son prédécesseur au poste de directeur musical du MET. Le moins bon de la tradition-maison réside dans la mise en scène conventionnelle de Bartlett Sher, célèbre à Broadway pour sa mise en scène multi-récompensée du musical South Pacific, et dont la seule et malencontreuse originalité est d’avoir gommé la dimension raciale du drame en omettant de passer au brou de noix le visage d’Aleksandrs Antonenko.
François Lafon

Otello
Aleksandrs Antonenko (Otello), Sonya Yoncheva (Desdemona), Zeljko Ludic (Jago), Dimitri Pittas (Cassio), Jennifer Johnson Cano (Emilia), Gunther Groissböck (Lodovico), Chad Shelton (Roderigo)
Choeur et Orchestre du Metropolitan Opera de New York
Direction musicale : Yannick Nézet-Séguin
Mise en scène : Bartlett Sher
Réalisation : Gary Halvorson
2 DVD Sony 88985308909
2 h 45 min

mis en ligne le samedi 10 septembre 2016

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