Lundi 14 octobre 2019
Cross-over à l’envers
Rufus Wainwright en compositeur d’opéra de papa
Prima Donna

Impensable ici, le goût anglo-saxon pour un opéra contemporain à l’ancienne, voire anachronique, dont le compositeur Giancarlo Menotti fut le champion. C’est de cette école que se réclame la pop star canadienne Rufus Wainwright, auteur (contesté, puis légitimé) de ce Prima Donna commandé par le MET de New York puis refusé (officiellement) parce que le livret est en français, et créé à Manchester (Angleterre) en 2009. Clone de Maria Callas, son héroïne Régine Saint-Laurent (allusion discrète à Régine Crespin ?) rêve d’un come-back dans un bain musical relevant de Puccini, de Massenet et même (audace extrême) de Poulenc, selon une dramaturgie savamment désuète en dépit de son utilisation cinématographique du flash-back. On pourrait presque parler de cross-over à l’envers, tant l’ouvrage flirte musicalement avec la variété et dramatiquement avec la presse du cœur. Sa publication en audio (une captation vidéo aurait peut-être été plus digeste) sous étiquette Deutsche Grammophon tient donc essentiellement à la réputation planétaire de Wainwright, lequel bénéficie d’une distribution choisie chantant dans un français acceptable et d’un orchestre à la hauteur de l’opulence opératique qui tente d’assurer une légitimité à l’entreprise.
François Lafon

Rufus Wainwright : Prima Donna
Janis Kelly (Régine Saint-Laurent), Kathryn Guthrie (la Femme de chambre), Antonio Figueroa (André)
BBC Symphony Orchestra
Direction musicale : Jayce Ogren
2 CD Deutsche Grammophon 479 5340
2 h 07 min

mis en ligne le dimanche 27 septembre 2015

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