Mercredi 20 novembre 2019
Concerts d’automne Tours – 2
Concert dans le noir
Mozart et Schubert masqués

Suite du gala d’ouverture du festival, dédié à Mozart et Haydn, avec les solistes Julien Chauvin (violon) et Justin Taylor (pianoforte), en duo dans Mozart et Schubert. Un « concert dans le noir », pour lequel, masqué à l’entrée de la salle, chacun était guidé jusqu’à son siège (cela dans le but de « sensibiliser le public aux pathologies rétiniennes et de la dégénérescence musculaire liée à l’âge »). Une initiative du festival, les bénéfices du concert devant être entièrement reversés au fonds de dotation de l’hôpital pour l’acquisition de l’appareil « California optos ». Jouant le jeu, la majorité du public conserva son masque pendant la petite heure de ce concert matinal. Étrange sensation, en vérité, que de percevoir la musique ainsi, tout près des deux artistes… et de découvrir ensuite, démasqué, le volume important d’une salle de près de 450 places… Si proche, si loin. Le violoniste et le pianofortiste confièrent ensuite avoir ressenti une plus grande attention : pas un bruit, pas de toux intempestive… Taylor retrouvait la copie de l’instrument viennois des années 1790 sur lequel il avait joué, la veille, le 17ème Concerto de Mozart et, cette fois, on apprécia pleinement la clarté de son jeu, bien en phase avec la sonorité profonde du violon de Chauvin. Un dialogue incessant, où les deux musiciens firent preuve d’une belle éloquence dans deux Sonates de Mozart, en sol majeur K. 301 et en mi mineur K. 304 – même si le public n’hésitait pas à applaudir entre chaque mouvement ! Surprise encore, avec la Fantaisie n° 3, en ré mineur, K. 385, de Mozart – une partition inachevée, irréelle et tragique dans ses longs silences et ses répétitions, d’où s’exhale une mélodie d’une simplicité qui désarçonne, surtout jouée ainsi par Taylor et sur cet instrument à la sonorité cristalline. Un récital qui se terminait avec l’une des plus belles Sonatines de Schubert, celle en ré majeur, D. 384 – qu’un enregistrement préservera peut-être, un jour ?    
Franck Mallet

Tours – Centre dramatique national, 12 octobre (Photo © Remi Angeli)

Prochain week-end des 18, 19 et 20 octobre, avec les Ensembles Jacques Moderne (« L’Orphée de Dresde, Heinrich Schütz »), La tempête (« Grande messe de Requiem pour Charles Quint ») et Les traversées baroques (« L’âge d’or musical à Saint-Marc de Venise »).

Mozart : Sonates pour piano et violon, en sol majeur, K. 301 et en mineur, K. 304 ; Fantaisie n° 3, en ré mineur, K. 385 - Schubert : Sonatine pour piano et violon, en ré majeur, D. 384
Justin Taylor (pianoforte), Julien Chauvin (violon)

mis en ligne le mercredi 16 octobre 2019

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