Dimanche 26 mai 2019
Chemins balisés
Belle entrée de Louis Schwizgebel dans la forêt schubertienne
Sonates pour piano D. 958 et D. 845

Adepte d’un jeu d’autant plus impeccable qu’il est au service d’une imagination complexe, Louis Schwizgebel, après – déjà chez Aparté - des « Poèmes » tourmentés (dont Gaspard de la nuit de Ravel - voir ici)) et des Concertos de Beethoven (les 2 premiers - voir ) et de Saint-Saëns (les 4ème et 5ème - voir par ) supérieurement dominés, emprunte les chemins schubertiens les mieux balisés, mais pas les moins aventureux. La D. 958 en ut mineur, hommage enflammé à la grande forme beethovénienne avant les divines errances des deux dernières Sonates, met en valeur son sens de l’architecture, tout en lui permettant de belles échappées au-delà du miroir. Fine idée que de faire suivre ce monument de la D. 845, la troisième en la mineur de Schubert mais sa « Première grande Sonate » publiée (1826) ouvrant la série des ultimes chefs-d’œuvre, déclinaison de thèmes génialement équilibrés permettant à l’interprète de montrer sa faculté à passer d’une humeur à l’autre sans solution de continuité. Rien de démonstratif pourtant dans le toucher parfait, la sonorité maîtrisée de Schwizgebel, seulement, peut-être, la promesse d’une maturité schubertienne de grande envergure. Prise de son superlative de Nicolas Bartholomée.
François Lafon

Sonates pour piano n° 19 D.958 et n° 16 D.845
Louis Schwizgebel (piano)
1 CD Aparté AP 133
1 h 10 min

mis en ligne le lundi 10 octobre 2016

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