Vendredi 18 octobre 2019
Brendel tire sa révérence
Pour quelques souvenirs de plus
Alfred Brendel - The Farewell Concerts

« Méfie toi de ton premier mouvement, c'est le bon, » écrivait Vauvenargues. Mais Alfred Brendel, pianiste pourtant ô combien cultivé, a oublié cette maxime du philosphe des Lumières : alors qu'il ne voulait pas que son dernier concert soit enregistré, il a fini par céder à la demande de son éditeur. Ce double album, qui marque une fin de carrière librement décidée, n'est donc qu'un objet-souvenir et pas un témoignage de l'immense talent d'un musicien dont les enregistrements ressemblent à un mouvement perpétuel : au fil des ans, Alfred Brendel, suivant le (presque) conseil de La Fontaine (« Sans cesse sur le clavier remets ton ouvrage. »), a gravé, regravé et reregravé les compositeurs de son panthéon personnel. Schubert, Mozart, Beethoven, Haydn, Brahms... à chaque nouvel enregistrement, il a apporté un petit quelque chose de différent, une légèreté nouvelle ou une profondeur un peu plus affirmée avec un toucher constamment exceptionnel. L'Impromptu de Schubert D899 n°3 qui figure dans cet album en est sans doute le meilleur reflet : Brendel passe insensiblement de l'insouciance à la douleur avec une totale évidence. « Tout devrait être aussi simple que possible, mais pas plus, » disait Einstein. Alfred Brendel avoue en avoir fait sa devise.
Gérard Pangon

Mozart : Concerto n°9 (Jeunehomme) K271, Sonate n°9 K533/494 - Haydn : Variations en fa mineur - Beethoven : Sonate n°13, Bagatelle en la majeur - Schubert : Sonate D960, Impromptu D899 n°3 - Bach : Choral BWV 659 (arrgt. Busoni)
Alfred Brendel (piano)
Orchestre Philharmonique de Vienne
Direction musicale : Charles Mackerras
2 CD Decca (2009)
2 h 21 min

mis en ligne le mercredi 10 février 2010

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