Jeudi 17 octobre 2019
Brahms à pleine vitesse
Valery Gergiev expédie le Requiem allemand
 
Le même, pas pareil
Brahms en lévitation
Nikolaus Harnoncourt prend tout son temps
German Requiem

Il a beau être un conducteur tout terrain, Valery Gergiev a ses domaines de prédilection : les Grand Prix de Formule 1 plus que les épreuves de rallye. Or le Requiem allemand est plus proche d’un rallye où la connaissance approfondie de l’environnement est indispensable et où la moindre nappe de brouillard peut vous faire perdre le fil et partir en embardées. Ici, le brouillard, Valery Gergiev le subit : l’acoustique du Barbican n’est pas des meilleures et la prise de son est affreusement lointaine. Quant à l’environnement, l’univers de Brahms, Valery Gergiev ne l’ignore pas, bien sûr, mais l’effleure tout juste comme dans les Symphonies (voir ici). Ce Requiem humaniste, poétique et frémissant, qui palpite et tressaille, ce n’est pas vraiment son truc. On a d’ailleurs l’impression qu’il le sent, car il se dépêche d’en finir : sa version dure 5 à 15 minutes de moins que la plupart des grandes, Karajan, Thielemann, Abbado, Harnoncourt, Walter, Klemperer… Cet excès de vitesse n’amène pourtant aucun dérapage, même si la voix de Sally Matthews a quelques crissements dans les virages, mais le splendide chœur du London Symphony et l’orchestre qui va avec tiennent parfaitement la route. Reste que cette conduite rapide, avec quelques belles accélérations mais sans à-coups, élimine toute vibration.
Gérard Pangon

Ein deutsches Requiem
Sally Matthews (soprano), Christophe Maltman (baryton)
Chœur et Orchestre Symphoniques de Londres
Direction musicale : Valery Gergiev
1 CD LSO Live LSO0748
1 h 04 min

mis en ligne le jeudi 19 juin 2014

Bookmark and Share
Contact et mentions légales.
Si vous souhaitez être informé des nouveautés de Musikzen laissez votre adresse mail
De A comme Albéniz à Z comme Zimerman,
deux ou trois choses et quelques CD pour connaître.