Lundi 16 juillet 2018
Bonnes intentions
Le jeune Robin Ticciati aux prises avec les Symphonies de Brahms
 
Le même, pas pareil
Ph. Herreweghe, historique
Les Symphonies

A l’époque ou Wilhelm Furtwängler (l’Ame allemande) et Arturo Toscanini (la furia italienne) régnaient au panthéon des maestros, les connaisseurs se demandaient lequel allait au plus profond du mystère brahmsien, la palme revenant généralement à « Furt » et ses sublimes lenteurs. Interprétation historiquement informée aidant, la balance penche aujourd’hui du côté de Toscanini, le dépassant même largement :  orchestres allégés (voire instruments d’époque), tempos allants, refus d’une transcendance brucknero-wagnérienne hors de propos. Le Britannique Robin Ticciati, poulain de Colin Davis et de Simon Rattle, à trente-cinq ans directeur musical du très huppé Festival de Glyndebourne, rappelle l’ascendance beethovénienne de la symphonie brahmsienne et note que l’effectif du Scottish Chamber Orchestra (dont il est aussi directeur) est comparable à celui de l’Orchestre de Meiningen (fondé en 1690). Inutile donc de chercher dans ses Symphonies de Brahms un quelconque sous-texte, le texte devant suffire à notre bonheur. A la différence de nombre de ses confrères, il évite de saucissonner le discours et en ménage le continuité « organique » - essentielle dans cette musique -, mais ne réussit pas, en dépit de la relative rapidité de ses tempos, à éviter tunnels et temps morts. Encore une fois, bonnes intentions et bonne interprétation ne vont pas toujours de pair. 
François Lafon 

Symphonies n° 1, 2, 3, 4
Scottish Chamber Orchestra
Direction musicale : Robin Ticciati
2 CD Linn CKD 601
2 h 32 min

mis en ligne le mardi 15 mai 2018

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