Mercredi 30 septembre 2020
Bonne humeur et bouffées de mélancolie
Interprétation plutôt orchestrale d'un Schubert de chambre
Schubert : Octet

Ecrit rapidement en février 1824 pour répondre à une commande, l’Octuor en fa majeur de Schubert devait, comme le spécifiait ladite commande, retrouver l’esprit du « toujours populaire » Septuor de Beethoven, composé  par ce dernier en 1799 bien après (et non peu après) ses études avec Haydn. La formation est pratiquement la même (un violon de plus chez Schubert), avec parmi les cordes une contrebasse et comme instruments à vent une clarinette, un basson et un cor, et la structure globale (en six mouvements) identique. Mais si le Septuor de Beethoven, commande de l’impératrice, ne saurait être considéré comme « un essai stratégique en préparation de sa première symphonie », Schubert, déjà auteur de plusieurs symphonies dont l’Inachevée, voyait dans son Octuor une des œuvres « frayant la voie de la grande symphonie ». L’Octuor respire en général la bonne humeur, non sans quelques orages et bouffées de mélancolie. L’interprétation proposée ici est plus orchestrale que chambriste, et on regrette de ne pas nettement percevoir  par endroits les traits de violon, par exemple dans certaines variations du quatrième mouvement, et plus généralement, que les sonorités soient peu différenciées. Est-ce dû à la prise de son ? Le Scherzo n’a pas toute la vigueur, ni le Menuetto toute la couleur locale souhaitables. La qualité est là, mais il est difficile d’oublier, pour ne citer que lui, l’Octuor de Vienne.
Marc Vignal

Octuor en fa majeur D.803
Quatuor Modigliani, Sabine Meyer (clarinette), Bruno Schneider (cor), Dag Jensen (basson), Knut Erik Sundquist (contrebasse)
1 CD Mirare MIR 438
1 h 03 min

mis en ligne le dimanche 23 août 2020

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