Mardi 15 octobre 2019
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Quand Brigitte Engerer faisait le travail
lundi 25 juin 2012 à 10h40

Réactions en foule à la disparition de Brigitte Engerer. La pianiste était appréciée, mais n’avait jamais déchaîné de passions proprement musicales : elle jouait beaucoup, bien, sans chercher à se mettre en avant ni révolutionner l’art de l’interprétation. Elle était une sorte d’anti-Hélène Grimaud, une artiste de terrain, travaillant avec les grands orchestres comme avec les moins grands, passant avec la même conscience professionnelle de la salle Pleyel aux MJC les moins médiatisées. Cela lui venait peut-être de ses années russes, de son apprentissage à Moscou avec Stanislas Neuhaus : comme Richter, comme Gilels, tout Richter et Gilels qu’ils étaient, elle « faisait le travail ». Dans le milieu musical, on la savait malade depuis longtemps : « Encore un que l’adversité n’aura pas », se disait-on (se disait-elle ?) à chacun de ses nombreux concerts. Elle était une bonne cliente aussi pour les journalistes : du vécu, du contenu, jamais de langue de bois ni d’autopromotion. Quand on dit qu’elle laisse un vide, ce n’est pas une formule toute faite.

François Lafon

 

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