Samedi 8 août 2020
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Opéra, le mot de la fin
jeudi 8 mars 2018 à 19h06
A l’occasion d’un questionnaire publié dans le recueil De la tradition théâtrale (Idées/Gallimard, 1975), le metteur en scène et comédien Jean Vilar dresse une liste des derniers mots prononcés par quelques personnages emblématiques : « pureté » (Phèdre), « silence » (Hamlet), « oublier » (Auguste dans Cinna), « arracher » (Œdipe-Roi), « cassette » (L’Avare), etc. A l’opéra, cela fonctionne souvent : « plaisir » (Isolde), « béni » (Werther) « Oui, oui » (La Maréchale du Chevalier à la rose), « donne » (Pelléas), « vérité » (Saint François d’Assise de Messiaen), « paix » (Orfeo de Monteverdi), « liberté » (Orphée de Gluck), « sang » (Wozzeck), « non » (Lulu), « toi » (Lucia di Lammermoor), « joie » (La Traviata), « ciel » (Aida), "Ciel" (Macbeth), « ah ! » (Faust de Gounod), « ah ! » (Faust de Berlioz), « vouloir » (Doktor Faust de Busoni), « éternité » (Faust dans Mefistofele de Boito), « malédiction » (Rigoletto), « scène » (Falstaff), « chef » (Lohengrin), « Graal » (Parsifal), « divin » (Néron de Monteverdi), « sort » (Didon de Purcell), « immortelle » (Didon dans Les Troyens de Berlioz), « jeu » (La Cenerentola), « roi » (Hamlet d’Ambroise Thomas), « mien » (Eugène Onéguine), « amour » (Turandot de Puccini et de Busoni), « nuit » (Barbe-Bleue de Bartok). « Le poète a toujours le dernier mot », conclut Vilar. Il va sans dire qu’à l’opéra, où les livrets sont au service de la musique, c’est le compositeur qui l’a, ou plutôt qui s’en passe puisqu’il a le pouvoir de dire l’indicible. 
François Lafon
(Photo © DR)
 

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