Jeudi 22 août 2019
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Festival de La Chaise Dieu 2 : musicologue
mardi 30 août 2016 à 09h54

L’ère des Médicis à Florence s’étend sur exactement trois siècles, de 1434 à 1737, avec pour le chef de famille le titre de duc à partir de 1532 et un peu plus tard celui de grand-duc de Toscane. Chez les Médicis comme dans les autres cours de la Renaissance, les mariages étaient l’occasion de fêtes somptueuses, de spectacles monumentaux alliant avec faste le théâtre, la musique et la danse. Tel fut le cas en 1589 lors du mariage de Ferdinand Ier de Médicis, grand-duc de Toscane, avec Christine de Lorraine, sa cousine lointaine, petite-fille de Catherine de Médicis, reine de France. La Pellegrina, pièce en cinq actes du poète et juriste Girolamo Bargagli, fut augmentée de six intermèdes - dont un représentant l’Harmonie des sphères sous la voûte céleste et un autre les Enfers - avec comme thème unificateur le pouvoir de la musique antique. C’est ce spectacle qu’à La Chaise Dieu ont « reconstitué » Raphaël Pichon, son Ensemble Pygmalion et d’excellents solistes vocaux, ces derniers donnant corps à des figures mythiques telles qu’Apollon, Orphée, Vénus ou Daphné, sans oublier des Bergers. Il s’agissait de célébrer et de chanter les amours d’Apollon et de Daphné, ou les larmes d’Orphée après la perte d’Euridice et avant sa propre apothéose. Les compositeurs ayant nom Giulio Caccini, Alessandro Striggio, Emilio de Cavalieri ou encore Jacopo Peri, pour ne citer que les plus connus, on se trouvait à La Chaise Dieu transporté soudain dans une représentation d’opéra, avec le degré d’émotion et de puissance dramatique que cela implique. Il n’était pas encore question d’opéra à Florence en 1589, mais peu importe, les réflexions sur les rapports littérature-musique allaient bon train, et cette forme d’art pointait à l’horizon. Il fallait séduire, mais aussi impressionner : pari tenu par Raphaël Pichon et ses musiciens pour ce grand concert « A la cour des Médicis », avec pour conclure un Ballet des Amants festif en diable, clos par le « chœur » de Cavalieri « O che nuovo miracolo », aux paroles appropriées.

Marc Vignal

Abbatiale Saint-Robert, La Chaise Dieu, 25 août Photo © DR

 

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