Vendredi 13 décembre 2019
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Exposition Chaplin l’homme-orchestre, mouvement perpétuel
jeudi 10 octobre 2019 à 12h50
Exposition à la Philharmonie de Paris : Charlie Chaplin, l’homme-orchestre, à l’occasion du 130ème anniversaire de sa naissance. Double sens : Chaplin savait tout faire devant comme derrière la caméra, et une grande partie de son art repose sur la musique, celle qu’il a composée (qui n’a fredonné « C’est ma chanson » ou « Deux petits chaussons » ?), celle qu’il a utilisée (le barbier du Dictateur rasant sur Brahms), et celle qu’il a induite dans ses films… muets (la danse des petits pains de La Ruée vers l’or) ou sonores (« Je cherche après Titine » dans Les Temps modernes - 1925, sonorisé en 1942).  Mais c’est avant tout le « corps dansant » de Charlot qui musicalise chaque image de ses films, que l’on retrouvera jusqu’à la fin (son apparition éclair dans La Comtesse de Hong-Kong en 1967). C’est ce mouvement perpétuel que les commissaires de l’exposition, Sam Stourdzé, Mathilde Thibault-Starzyk et Kate Guyonvach (directrice de la société gérant le fonds Chaplin) ont su suggérer tout au long d’une déambulation très étudiée (n’oubliez pas les écouteurs) dans un labyrinthe de rues jalonné de petites maisons de bois abritant documents filmés, affiches et photos, caméras d’époque et « machines à bruits », jusqu’au Charlot cubiste de Fernand Léger venu du Centre Pompidou. Superbe évocation aussi du second degré chaplinesque, de Une Idylle aux champs (1919) - hilarante démarque de L’Après-midi d’un faune dansé par Nijinsky -, au plus célèbre Charlot joue Carmen, moins parodie de Bizet que clin d'oeil au film de Cecil B. DeMille (1915). « J’ai rencontrée trois génies dans ma vie : Einstein, Churchill et Clara Haskil » disait Chaplin. C’est tout dire sur le bien-fondé de son entrée à la Philharmonie. Absolue rareté (le 12 octobre) parmi les traditionnels concerts et activités accompagnant l’exposition : A Woman of Paris (1923), face noire (et four de la même nuance) de la personnalité du petit homme à la canne, « remusiqué » par celui-ci en 1976 et dirigé en direct (Orchestre de Chambre de Paris) par Timothy Brock, lequel a complété en 2005 la partition à partir d’enregistrement de Chaplin composant au piano. 
François Lafon 
 

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