Mercredi 16 octobre 2019
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Alessandro Brustenghi, le moine et les marketeurs
lundi 17 septembre 2012 à 09h56

Pavarotti n’est plus là, Boccelli plafonne : place à Alessandro Brustenghi, trente-quatre ans et un physique de cinéma, le nouveau ténor italien « signé » par Decca. Particularité de l’artiste : il est franciscain, ébéniste-menuisier, préposé à l’accueil des touristes à la basilique Santa Maria degli Angeli d’Assise. Son clip de présentation le vend comme tel : robe de bure, sandales, barbe de trois jours, main sur le cœur, regard tourné vers le ciel. On le voit aussi, sur une photo, traverser Abbey Road, quarante-trois ans après les Beatles, sous le regard bienveillant des passants. Titre de son premier album, à paraître cet automne : The Voice from Assisi. Un bon client pour les marketeurs : ténor (forte connotation sexuelle) mais moine (délices de l’interdit), symbole de réussite (il va gagner beaucoup d’argent), mais vœu de pauvreté (c’est son ordre qui touchera les royalties). A cela s’ajoute l’attrait du danger : Sœur Sourire a quitté son couvent, l’un des Prêtres a jeté la soutane aux orties. Ultime séduction : il possède une voix naturelle assez reconnaissable, mais largement perfectible, si l’on en juge par le Panis Angelicus qu’il interprète sur son clip. Comme pour rappeler que la perfection n’est pas de ce monde.

François Lafon

 

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