Dimanche 22 septembre 2019
Concerts & dépendances
Véronique Gens en noir, blanc, rouge
vendredi 16 juin 2017 à 23h56
Aux Bouffes du Nord, suite et fin du festival Palazzetto Bru Zane : Véronique Gens chante français, travaux pratiques de luxe de la table ronde « Prononcer le chant français » (même lieu, en fin d’après-midi). Un programme rose et gris pour cette tragédienne maniant les styles – le grand et le moins grand - avec une simplicité bien personnelle et un sens discret de l'autodérision. Tout de suite, elle se jette à l’eau, mi-diva mi-meneuse de revue : « J’ai peur, j’ai peur, j’ai peur » (Varney : La Reine des Halles), « Je suis une femme accomplie » (Hervé : La Cosaque). Ainsi chauffée, elle passe au registre diseuse avec Duparc (superbe Invitation au Voyage), Dubois (Théodore), Chausson, Hahn : timbre fruité, éclats maîtrisés, légère monotonie. C’est après l’entracte, un changement de tenue (rouge après blanc et noir) et quelques Fauré (admirable Papillon et la fleur) qu’elle met la salle dans sa poche avec la collaboration d’Offenbach et La Fontaine (La Cigale et la Fourmi, Le Corbeau et le Renard) : voix glorieuse, diction savoureuse, annonçant, après Hahn de nouveau (« A Chloris » sans artifice), des Chemins de l’amour (Poulenc – Jean Anouilh) d’anthologie, et des bis (dont La Reine de Chypre d’Halévy, qu’elle vient de chanter au Théâtre des Champs-Elysées) achevant de mettre ses fans dans un état second, le tout en tandem avec la non moins pertinente  Susan Manoff au piano. 
François Lafon

Bouffes du Nord, Paris, 16 juin (Photo © DR)