Mardi 27 octobre 2020
Concerts & dépendances
Un Korngold endiablé par Opera Fuoco
dimanche 12 mai 2019 à 15h51
Né en Bohême et mort à Los Angeles, le compositeur Erich Wolfgang Korngold (1897-1957) débute comme enfant prodige. A moins de dix ans, il enthousiasme Mahler (« Un génie ! »), et en 1914, après avoir entendu sa Sinfonietta en si majeur, Sibelius voit en lui un « jeune aigle ». Il cultive les genres traditionnels, y compris l’opéra, mais sa notoriété repose beaucoup sur ses musiques de film (Robin des Bois et autres, avec Errol Flynn). Sa comédie musicale Die stumme Serenade (La Sérénade silencieuse, ou muette) - création radiophonique en 1951 à Vienne, scénique en 1954 à Dortmund - vient de connaître sa première française, grâce à Opera Fuoco et à son chef David Stern. L’œuvre (une dizaine de personnages) est à la fois pastiche et hommage à un monde révolu, celui de l’opérette viennoise. On est dans une Italie de carte postale, plus précisément à Naples, avec un atelier de couture et son personnel froufroutant, un couturier donnant en rêve un baiser passionné à Silvia, la fiancée du Premier ministre. Ce dernier est visé par un poseur de bombes, le couturier Andrea est faussement accusé avant de prendre provisoirement la place du Ministre détesté, renversé par le peuple, etc.  On entend à distance, Korngold n’ayant rien d’un imitateur, Richard Strauss ou Kurt Weil, des rythmes de jazz ou de tango, avec pas de danse et sonorités orchestrales à l’avenant. Dialogues parlés en français, morceaux chantés en allemand (paroles malheureusement peu compréhensibles), mise en scène endiablée dans des décors évoquant le Crystal Palace londonien. Tout cela pour un ouvrage chaleureusement applaudi, sans doute destiné à demeurer une rareté mais dont on ne peut que saluer la redécouverte.
Marc Vignal
 
Salle Ravel, Levallois, 11 mai (Photo © DR)
 
 

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