Jeudi 22 août 2019
Concerts & dépendances
Un Bach chargé d'humanité
jeudi 13 décembre 2018 à 15h15
Le Purcell Choir (Chœur Purcell) et l’Orfeo Orchestra (Orchestre Orfeo) sont fondés à Budapest par le chef d’orchestre György Vashegyi, en 1990 et 1991 respectivement, pour faire entendre l’un Didon et Enée de Purcell, l’autre Orfeo de Monteverdi, un opéra qui n’avait jamais été donné intégralement en Hongrie. Ces deux formations comptent maintenant parmi les plus respectées du pays et sont les principales à s’y consacrer au répertoire baroque et des alentours de 1800, sans oublier ni Gesualdo (avant) ni Mendelssohn (après). Elles ont créé en Hongrie d’innombrables opéras et oratorios, et ont produit avec leur fondateur des enregistrements remarqués de Charpentier, Rameau (Les Fêtes de Polymnie - voir ici - et Naïs), Mondonville, Michael Haydn ou encore Méhul. On vient de les entendre à Paris dans l’Oratorio de Noël de Bach, plus précisément dans quatre des six cantates qui composent l’ouvrage. Ces cantates ne sont pas simplement juxtaposées, il s’agit bien d’une seule et même histoire, débutant par le recensement à Bethléem et se terminant par l’adoration des Rois Mages. Bach prévoyait  une exécution non pas d’un seul tenant, mais répartie sur les six jours de la fête de Noël, du 25 décembre au 6 janvier. On a pu apprécier une interprétation aux sonorités transparentes (trompettes et timbales à la fois  présentes et  discrètes), combinant la légèreté avec l’élan (chœur initial de la cantate V pour le Nouvel An), fervente et d’un beau sentiment intérieur dans les chorals, servie par un chef dirigeant des deux mains et aux gestes expressifs, de bons solistes et un chœur d’une trentaine de chanteurs. Un Bach chargé d’humanité, proche de la congrégation des fidèles.
Marc Vignal
 
Eglise Saint-Roch, 12 décembre (Photo © DR)