Samedi 31 octobre 2020
Concerts & dépendances
Trop beau pour faire un Mahler
lundi 30 décembre 2013 à 22h53

A l’Opéra Bastille, Philippe Jordan annonce la nouvelle année à sa manière vec la Symphonie n°2 « Résurrection » de Gustav Mahler. Un test pour le chef. Virages dangereux : l’alternance de guerre et paix (intérieure) du premier mouvement Totenfeier (Fête des morts), la respiration très particulière de l’Andante (bonheur ambigu, silences menaçants), les ricanements orchestraux du Scherzo, l’ascension finale (une bonne demi-heure) vers la Résurrection, alternance de tensions-détentes risquant périodiquement de déraper dans la musique de film. Moments forts : l’Andante et le Scherzo, transparents, étonnants, vraiment personnels. Totenfeier narrative mais pas trop, Finale retenu mais fervent. Une forme de sans-faute, avec un orchestre irréprochable, des chœurs et des solos vocaux tirés au cordeau (la mezzo Michela Schuster extravertie mais convaincante dans l’Urlicht). Léger sentiment de frustration pourtant : trop beau, trop léché, trop pensé ? Jordan, jeune chef surdoué, n’est jamais meilleur que quand il est au bord du gouffre.

François Lafon

Opéra de Paris Bastille, 30 décembre. Photo © Opéra de Paris

 

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