Mardi 21 mai 2019
Concerts & dépendances
Simon Ghraichy, piano et dépendances
dimanche 5 mars 2017 à 01h20
Au Théâtre des Champs-Elysées, grands débuts parisiens du pianiste Simon Ghraichy, quelques jours après la sortie de son premier album chez Deutsche Grammophon (voir ici). Producteur américain, campagne d’affichage de ténor vedette, salle people (et comble) acclamant le wonder boy dès son entrée. Pari paradoxal : choisir un lieu emblématique du concert institutionnel pour faire sauter les codes du classique. Première partie : l’artiste, en jeans mais haut de smoking, joue la Sonate en si mineur de Liszt. Seconde partie : le même, en veste de cuir façon ranchero, pioche dans le programme de son disque un florilège ibérico-hispanique (Albeniz, Villa Lobos, Ponce, Guarnieri) ou assimilé (Debussy). Chez Liszt : maîtrise voire surexposition de la construction cyclique, de l’élan et des ruptures, caractérisation des thèmes, regards aussi - plus marqués que dans son enregistrement (Challenge) et peut-être parce qu’il a joué la Danzon n° 2 d’Arturo Marquez en hors-d’œuvre – vers Mexico plutôt que vers Darmstadt quant aux aspects prémonitoires du chef-d’œuvre. Défoulement non moins maîtrisé après l’entracte, mêlant instantanés de génie (dont les méconnus Cantos de Espana d’Albeniz) et pièces plus anecdotiques, sans toujours accomplir le prodige de faire briller d’un égal éclat toutes les perles du collier. Bis festifs avec la soprano argentine Mariana Florès (épouse du chef Leonardo Garcia Alarcon) et les excellents percussionnistes de l’Orchestre National. Renverser la table en ne comptant que sur ses seuls dons musicaux : la prochaine étape pour Ghraichy ?
François Lafon

Théâtre des Champs-Elysées, Paris, 4 mars (Photo © PR)