Mercredi 28 octobre 2020
Concerts & dépendances
Sibelius magnifié à Radio France
dimanche 5 février 2017 à 11h02
Créées le 24 novembre 1919 au même concert que la version définitive de la Cinquième Symphonie, les six Humoresques pour violon et orchestre opus 87 et 89 de Sibelius sont des œuvres très attachantes dont - sauf erreur de ma part - la jeune violoniste russe Alina Pogostkina et le Philharmonique de Radio France viennent  de donner la  première audition intégrale en France. D’une durée totale d’un peu plus de vingt minutes, dotées d’un accompagnement orchestral discret mais efficace (Mikko Franck au rendez-vous), ces six pièces évitent soigneusement l’ostentation. Superbement écrites pour l’instrument, opposant constamment tonalité et modalité, elles n’ont rien d’un concerto miniature. Lauréate du Concours Sibelius à Helsinki en 2005, Alina Pogostkina l’a bien compris, qui s’est attachée à faire ressortir  leurs qualités de mystère, leur dimension presque fantomatique, faisant montre à la fois d’engagement et de retenue. Elles expriment « l’angoisse de l’existence, éclairée par intermittence par le soleil », déclara à propos de ses Humoresques le compositeur. On se rappelait, en les écoutant ainsi magnifiées, que Sibelius envisagea en ses débuts une carrière de violoniste, et aussi que lors qu’on lui demanda quelles étaient les trois personnalités qu’il regrettait de n’avoir jamais rencontrées, il cita Pablo de Sarasate, étincelant virtuose du violon s’il en fut, à côté de Grieg et Strindberg. En début de programme, le bref Nocturne tiré de sa musique de scène pour Le festin de Balthazar (belle cantilène de flûte), et après l’entracte Une vie de héros de Richard Strauss, imposant comme jamais.
Marc Vignal
 
Auditorium de Radio France, 3 février (Photo © DR)

 

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