Lundi 24 février 2020
Concerts & dépendances
Seine musicale : pari gagné pour Brahms
jeudi 5 décembre 2019 à 11h39
A chaque stage du Jeune Orchestre de l’Abbaye, qui rassemble à Saintes des étudiants en dernière année d’un conservatoire, le défi est de taille : une semaine pour travailler une œuvre, avant de la donner en concert. Cette fois-ci, c’était Un Requiem allemand de Brahms, sous la direction de Raphaël Pichon, avec la Maîtrise de Notre-Dame de Paris, le jeune chœur de Paris, et un concert de clôture à La Seine musicale à Boulogne-Billancourt. D’emblée, on sent, chez Raphaël Pichon, sa passion pour les voix : il les dirige comme s’il les sculptait, à mains nues, penché vers les choristes, avec un moment de silence avant et après chaque partie, comme sil voulait suspendre le temps. Le chœur déploie ainsi avec ferveur les sonorités funèbres de ce Requiem poignant dont les ténors et les basses accentuent la gravité. Parmi les musiciens de l’orchestre, quelques pupitres semblent parfois ne pas parvenir à la sérénité (les bois par exemple), mais, dans cette partition difficile, le Jeune Orchestre se montre à son avantage, même si certaines respirations auraient pu gagner en clarté. Quant aux solistes, ils illuminent cette interprétation de leur talent : Edwin Fardini est un baryton au phrasé d’une grande finesse, capable de puissance et de nuances ; Jeanine de Bique, avec son timbre magnifique, susurre les inquiétudes de Brahms d’une manière prenante. L’ovation finale et les sourires des musiciens en train de se photographier sur scène montrent que le pari a été gagné.
Gérard Pangon
 
La Seine musicale 2 décembre. (Photo © DR)