Dimanche 26 mai 2019
Concerts & dépendances
Rudolf Buchbinder, d’une oreille différente
jeudi 20 septembre 2012 à 01h04

A Pleyel, Dvorak et Beethoven par Paavo Järvi et l’Orchestre de Paris. Du premier, les Variations symphoniques (peu connues) et la 8ème Symphonie (un tube). Public ravi, à juste titre, pour ces deux machines à jouer de l’orchestre. Du second, le 3ème Concerto pour piano, avec Rudolf Buchbinder en soliste. Curiosité pour cet artiste respecté, mais qui n’a pas la réputation de déchaîner les foules. Look Vienne éternelle : soixantaine épanouie, brushing inamovible, queue de pie et escarpins de velours. Rien de fantasque dans son jeu : grand son, phrasés naturels, nuances bien placées. Rien de raide non plus, ni d’excessivement sérieux : ce collectionneur d’autographes et de partitions originales joue comme il respire, l’œil heureux et le geste expressif. En bis, il annonce : « Trrranscription Johann Strrrauss », et se lance dans un pot-pourri échevelé de La Chauve-souris. On avait bien remarqué en lui quelque chose qui contredisait le brushing et les escarpins, mais on n’en espérait pas tant. Reste à écouter d’une oreille différente ses innombrables enregistrements.

François Lafon

Salle Pleyel, Paris, 19 et 20 septembre, 20h. Photo © DR