Dimanche 18 août 2019
Concerts & dépendances
Roger Muraro : la Fantastique de l'extrême
vendredi 11 février 2011 à 01h05

Au Théâtre des Champs-Elysées, Roger Muraro joue la Symphonie fantastique transcrite pour le piano par Liszt. Dans le disque, qui vient de paraître chez Decca, on entend l’œuvre comme un laboratoire d’idées, encadré d’extraits de la première Année de pèlerinage, qu’elle a l’air d’avoir inspirée. On imagine le public de l’époque devant ce festival de bizarreries rythmiques et harmoniques En concert, Muraro intercale les Images de Debussy : Liszt le décanteur, Debussy l’aventurier, entracte, retour à Berlioz l’inventeur. La Fantastique paraît plus folle encore. Muraro y prend tous les risques, frôle les précipices, rajoute chicanes et démarrages en côte. « Il y a des moments où Liszt ne note presque plus rien, explique-t-il. Il oublie des entrées d’instruments. J’ai dû imaginer des liens : 90% de Liszt écrit, 10% recréé ». Quand se terminent ces trois quarts d’heure de voltige, il pousse un énorme soupir. Il faudrait publier le concert avec l’enregistrement studio. L’un et l’autre, paradoxalement, dégagent la même impression : de la surenchère naît une sorte d’ascèse. Chapeau l’artiste.

François Lafon