Dimanche 26 mai 2019
Concerts & dépendances
Roger Muraro jusqu’à la fin du temps
mardi 11 décembre 2018 à 10h02
Aux Bouffes du Nord, dans le cadre de La belle Saison, Roger Muraro joue Debussy, Albeniz et Messiaen. Un crescendo : les 1ère, 3ème et 5ème des douze Etudes du premier, dont il vient d’enregistrer l’intégrale pour Harmonia Mundi, sont comme il se doit (mais le but est rarement atteint) techniques, référentielles et ironiques vis-à-vis desdites références. Cela fait entendre différemment le premier des quatre cahiers d’Iberia (qu’il a enregistrés il y a une quinzaine d’années pour Accord. Les réenregistrera-t-il ?), la rêveuse Invocacion initiale et le cocktail explosif/langoureux d’El Puerto débouchant une Fête Dieu à Séville plus colorée et imagée que jamais, sorte de point de non-retour des possibilités du piano (mais pas du pianiste, qui en a encore « sous les doigts »). Reste (si l’on peut dire) après l’entracte à tendre à la fin du temps selon Messiaen. Avec Fanny Robillard (violon), Raphaël Perraud (violoncelle) et Patrick Messina (clarinette), célestes dans leurs illustres solos, il tient le cap : « suggérer le sens de l’éternité, tout en restituant l’exactitude des rythmes, des couleurs, des plans sonores, et enfin de garder une ligne avec l’émotion le plus pure et intense ». Cela donne un Quatuor pour la fin du temps qui - s’il est lui aussi enregistré - restera « de référence ».
François Lafon
 
Bouffes du Nord, paris, 10 décembre. Tournée, jusqu’au 18 avril, à Cherbourg, Saint-Omer, Bézier, Coulommiers (Photo : Roger Muraro © Bernard Martinez)