Mercredi 23 octobre 2019
Concerts & dépendances
Rencontres musicales de Vézelay 2 : L’Italie dans le rétroviseur 2
mardi 29 août 2017 à 10h07
Pour rejoindre Avallon, seconde étape des Rencontres musicales, on quitte les hauteurs de Vézelay pour longer le sous-bois en lacet qui borde la rivière, avant d’atteindre les remparts de la vieille ville menant à la collégiale Saint-Lazare, où Damien Guillon et son Banquet Céleste officient dans Pergolèse, Vivaldi et Bach.   
Elégance, simplicité et phrasé impeccable : le timbre de Damien Guillon est pur enchantement dans le Nisi Dominus RV. 608 de Vivaldi et le Psaume 51 BWV 1083 de Bach, chanté en duo avec la soprano Céline Scheen. Italie encore, puisqu’au cours de ces années 1740, doublant la partie vocale et enrichissant la basse continue de son psaume, Bach s’inspire du Stabat Mater de Pergolèse. Un programme qui, hormis le Salve Regina de Pergolèse ouvrant ce concert, reprend exactement celui de son récent CD (Glossa, 2016). Toujours aussi égal dans l’art des aigus les plus fins (Vivaldi !), le contre-ténor ajoute une émotion et une fragilité, là où parfois ses confrères se perdent en afféteries ; globalement plus nerveux mais tout aussi homogène, le Banquet Céleste voit son équipe très renouvelée, à l’exception de Kevin Manent-Navratil, qui jongle avec autant de dextérité entre le clavecin et l’orgue, et le luthiste André Henric. On apprécie la nouveauté de ce duo entraînant constitué des violonistes Joanna Husza et Marieke Bouche, que le contre-ténor et chef a associé à l’altiste Michel Renard, au violoncelliste Julien Barre et à la contrebassiste Élodie Peudepièce. Légère déception en revanche avec le soprano de Céline Scheen qui manque d’assise, malgré des aigus performants, d’où un Pergolèse un peu contrit, heureusement contrebalancé par l’intensité majestueuse des deux voix solo dans le Psaume 51, pour conclure ce récital « Bach & l’Italie ».            
Franck Mallet
 
 25 août, Avallon, collégiale Saint-Lazare (Photo, de gauche à droite : Céline Scheen, Damien Guillon et Élodie Peudepièce ©Adeline Lhermite)