Jeudi 18 juillet 2019
Concerts & dépendances
Philippe Jordan : grand écart Tchaïkovski à la Philharmonie
mercredi 16 mai 2018 à 00h24
Entre deux Parsifal à l’Opéra Bastille (voir ici), Philippe Jordan termine, avec l’Orchestre de l’Opéra à la Philharmonie de Paris, son intégrale en trois concerts des Symphonies de Tchaïkovski. Ce soir : la 6ème « Pathétique », couronnement de la « trilogie du destin » (avec la 4ème et la 5ème), précédée de la 3ème « Polonaise », parente pauvre du groupe des trois premières, dites « petites symphonies ». Grand écart entre ces deux œuvres espacées de vingt années, la 3ème (encore timide affranchissement des canons classiques) exaltant la danse et se terminant par une polonaise (d’où le titre), la très personnelle « Pathétique » s’éteignant sur un prémonitoire requiem, celui de Tchaïkovski qui mourra mystérieusement (hasard, volonté, destin ?) quelques jours après sa création. Tâche du chef : soutenir les faibles et retenir les forts, en l’occurrence animer la séduisante mais longue 3ème et empêcher la 6ème de sombrer dans le pathos. Mission presque accomplie (à l’impossible nul n’est tenu) pour la « Polonaise », où la marche funèbre et la valse sont données comme des pré-échos de celles - autrement plus évocatrices - de la « Pathétique », cette dernière comme chauffée par sa cadette, jouée plus tragédie que (mélo)drame par un Orchestre de l’Opéra digne des plus grandes formations d’estrade. Triomphe mérité pour les solistes (somptueuse petite harmonie) étreints alla Leonard Bernstein par Jordan, lequel confirme-là ses dons de surdoué pluridisciplinaire. 
François Lafon

Philharmonie de Paris, Grande salle Pierre Boulez, 15 mai. A voir sur Culturebox et les sites de la Philharmonie (live.philharmoniedeparis.fr) et de l’Opéra de Paris. Diffusion ultérieure sur France 3, Mezzo et TF1 (Photo © DR)