Lundi 20 janvier 2020
Concerts & dépendances
Philippe Hersant, de vêpres en vêpres
mercredi 11 décembre 2013 à 14h52

Pour les concerts de célébration du huit cent cinquantième anniversaire de la cathédrale, " Musique Sacrée à Notre-Dame de Paris " a commandé une œuvre à Philippe Hersant  : Les Vêpres de la Sainte Vierge pour « grand effectif vocal » traité le plus souvent en triple chœur, chœur d’enfants, baryton solo, orgue de tribune et orgue de chœur, cloches et ensemble de cuivres anciens (deux cornets et trois sacqueboutes). L’ouvrage, divers et attachant, d’une durée d’environ 75 minutes, vient d’être donné en première audition sous la direction de Lionel Sow. Le titre, audacieux, ne peut manquer de rappeler Monteverdi. Philippe Hersant ne s’en cache pas : il s’agit d’un hommage à ses Vêpres de 1610, avec d’autres références au passé : Ave, dulcissima Maria de Gesualdo, Livre Vermeil de Montserrat, thèmes grégoriens, fanfares et jeux de cuivres évoquant les musiques italiennes du XVIIe siècle, voire Heinrich Schütz. Est suivi de près l’Office des Vêpres tel qu’il est célébré en la cathédrale : Ave Maris Stella et Magnificat en latin, Psaumes 125 et 126 et Cantique aux Ephésiens en français dans la belle traduction de Lemaîstre de Sacy, janséniste du XVIIème siècle. L’espace même de Notre-Dame a présidé à beaucoup de choix « compositionnels », notamment pour la deuxième des trois toccatas pour orgue, avec ses sources sonores - les deux orgues et les deux cornets - très éloignées les unes des autres. L’ultime verset du Magnificat débute dans le mystère, malgré les paroles « Gloria Patri et Filio », pour se conclure (et les Vêpres avec lui) dans la splendeur sonore du « Et in saecula saeculorum Amen ».

Marc Vignal

Cathédrale Notre-Dame de Paris, 10 décembre 2013 Photo © DR