Vendredi 23 août 2019
Concerts & dépendances
Parsifal sacré ou sacré Parsifal ?
lundi 12 mars 2012 à 15h43

Depuis les années 1980, Parsifal a changé de nature. Adieu le rituel sacré, étouffant et post-IIIème Reich du metteur-en-scène Wieland Wagner et du chef Hans Knappertsbusch, bienvenue à un ouvrage humain et « discutable », un opéra (presque) comme les autres. Cinéaste, familier du Cirque du Soleil comme du Metropolitan Opera, le Québécois François Girard est de cette nouvelle famille. Pas plus que ses collègues Roberto Castellucci (à Bruxelles) et Krzysztof Warlikowski (à l’Opéra de Paris), il ne cherche, à l’Opéra de Lyon, le sublime en continu : friche volontaire pour le touffu acte I, onirisme de science-fiction au II, puissance symbolique au III. Plateau international dominé par Georg Zeppenfeld, Gurnemanz élégant, endurant et d’une hypnotique musicalité. À la tête d’un orchestre et de chœurs en grande forme, Kazushi Ono rappelle que Debussy ( Pelléas et Mélisande, Le martyre de Saint-Sébastien), Dukas, Mahler, Schönberg, Sibelius et Zemlinsky ne se sont jamais remis de Parsifal.

Frank Langlois


Opéra National de Lyon, 14, 17, 20, 23, 25 mars. Photo © Opéra de Lyon