Lundi 26 octobre 2020
Concerts & dépendances
Orphée à Paris : regards et sourires
dimanche 2 février 2020 à 19h34
Paris, salle Gaveau : Orphée en quête de son Eurydice chante son désespoir et laisse couler ses larmes. Pour l’accompagner dans sa douleur, ils sont une petite vingtaine, issus de deux ensembles complices, A nocte temporis et Vox Luminis, qui après leur magnifique enregistrement tout juste paru (voir ici) donnent vie à la musique de Marc-Antoine Charpentier. Sur scène, leur connivence est palpable, ils échangent des regards, des sourires, des gestes furtifs : Louis Creac’h au violon et Myriam Rignol à la viole se lancent un coup d’œil et soulignent d’un petit coup d’archet leur bonheur d’avoir franchi un passage délicat ; Reinoud van Mechelen (Orphée) et Lionel Meunier (Apollon), les deux chefs de bande, se regardent dans les yeux pour sceller leur complicité vocale. Entre les deux pièces de Marc-Antoine Charpentier, Orphée descendant aux Enfers, en forme d’élégie pour trois voix, et La Descente d’Orphée aux Enfers, un opéra de chambre, les musiciens interprètent la Sonate a huit du même, petit bijou de la musique instrumentale baroque. Cette suite à la française aux parfums italiens jongle avec les timbres des huit instruments, les fait jouer tous ensemble, puis associe les flûtes et les violons ou laisse à la viole une belle partie de soliste ou donne au théorbe un rôle prépondérant. C’est un jeu de cache-cache ou de colin-maillard, parsemé de retrouvailles et de chassés-croisés, où se mêlent confidences et instants de partage avec, à l’évidence, le plaisir, ô combien communicatif, de jouer tous ensemble.
Gérard Pangon
 
Paris, salle Gaveau 30 janvier (Photo : L. Meunier © Robert Buckland et R. Van Mechelen © Senne Van der Ven)
 
 

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