Jeudi 22 août 2019
Concerts & dépendances
Nikolaï Lugansky ou l’instant magique
mardi 18 octobre 2011 à 10h54

Comment un concert qui peine à décoller finit-il par s’envoler ? La salle Pleyel accueille ce lundi le Russian National Orchestra dirigé par son fondateur et directeur Mikhail Pletnev. La soirée commence avec la version Sibelius de Pelléas et Mélisande. Dans cette pièce inspirée, l’orchestre donne le change mais cherche en vain à faire advenir la magie. On guette le 3ème concerto de Rachmaninov avec Nikolaï Lugansky. Dans le 1er mouvement, l’orchestre et le soliste règlent les équilibres pour ne pas couvrir le piano. On s’inquiète ; on commence même à s’ennuyer. Et tout à coup, le miracle se produit, on est pris par ce qui se passe sans comprendre pourquoi cette interprétation si peu romantique, martelant les phrasés, parvient à nous saisir. La dernière note à peine jouée, standing ovation méritée pour le pianiste. Reconnaissance de la prouesse, mais aussi gratitude pour l’instant magique. La deuxième partie du concert, avec une version arrangée par Pletnev lui-même du Lac des cygnes de Tchaïkovski, bénéficie d’abord de cet instant magique, mais rapidement la flamme s’éteint, la lumière disparaît. On a la même sensation qu’avant le décollage, et l’on s’aperçoit qu’on a déjà atterri.

Katchi Sinna

Salle Pleyel 17 octobre Photo©DR