Mercredi 17 juillet 2019
Concerts & dépendances
Nelsons – Blomstedt : la guerre des chefs n’aura pas lieu
jeudi 19 janvier 2012 à 00h46

A Pleyel, Andris Nelsons dirige l’Orchestre de Paris dans la Symphonie alpestre de Richard Strauss. La semaine dernière, même lieu même orchestre, Herbert Blomstedt dirigeait Une Vie de héros du même Strauss. Si l’on vous demande à quoi sert un chef, prenez ces deux là comme exemples. Nelsons, trente-quatre ans, disciple du grand manieur d’orchestres qu’est Mariss Jansons, prend l’énorme phalange straussienne à bras le corps, en exacerbe les contrastes, en tire une symphonie de couleurs. Blomstedt, quatre-vingt-cinq ans, superpose les couches sonores en un savant tuilage et traite, comme le faisait Karl Böhm, cette musique de l’excès avec la même finesse qu’une symphonie de Mozart. Deux époques, deux écoles ? Deux tendances plutôt, aussi vieilles que le métier de batteur de mesure. En première partie, Nelsons accompagne le jeune Sergey Khachatryan dans le Concerto pour violon de Beethoven : archet flamboyant, orchestre péremptoire. Blomstedt choisit lui aussi Beethoven - le 4ème Concerto pour piano -, avec en soliste le raffiné Till Fellner : clavier nuancé, orchestre romantique mais point trop. Encore une fois on pense à Böhm. Pas de bataille à la sortie entre pro l’un et anti l’autre. Avec les deux, d’ailleurs, l’orchestre est sur son trente-et-un.

François Lafon

Andris Nelsons – Sergey Khachatryan : 18 et 19 janvier. Concert du 19 en direct sur Radio Classique.