Mercredi 23 octobre 2019
Concerts & dépendances
Mozart, trois versions de la vie
vendredi 27 avril 2012 à 10h43

Après Philippe Herreweghe le mois dernier avec son Orchestre des Champs-Elysées, Christoph Eschenbach dirige l’Orchestre de Paris dans les trois dernières Symphonies de Mozart. Trois chefs-d’œuvre composés en six semaines (juillet-août 1788) par un génie dans le creux de la vague (l’empereur a détesté Don Giovanni), tout cela pour la beauté du geste (on s’est longtemps demandé s’il les avait entendu jouer) : le concept se tient. Pour l’orchestre et le chef, en tout cas, une gageure : trois fois quarante minutes de travail au petit point, avec l’obligation de bien montrer que Mozart livre là trois versions de la vie, aussi différentes dans leur atmosphère que dans leur architecture. Comme cadeau de retrouvailles avec son ancien chef titulaire, l’orchestre offre ses plus belles sonorités : quels bois, quelles cordes ! Comme à son habitude, Eschenbach soigne le détail et traite en romantique une musique qui ne l’est pas encore. Et pourtant, à certains moments, on jurerait qu’il a écouté Herreweghe.

François Lafon

Paris, Salle Pleyel, 25 et 26 avril.