Vendredi 7 août 2020
Concerts & dépendances
Maria Joao Pires et ses confidents toulousains
vendredi 3 avril 2015 à 01h02

A la Philharmonie de Paris, Maria Joao Pires joue le 4ème Concerto de Beethoven avec Tugan Sokhiev et l’Orchestre du Capitole de Toulouse. Une version de chambre, sans effets mais respirant large, un piano porté sur la confidence mais avec tout le panache nécessaire, comme retenant l’orchestre sans pourtant le brider. Les musiciens, déjà rompus à l’acoustique claire mais encore piégeuse de la salle (ils y ont joué le Requiem de Berlioz en février), se sont chauffés avec l’Ouverture des Hébrides (ou La Grotte de Fingal, initialement L’Ile solitaire) de Mendelssohn, pièce en demi-teinte, pré-impressionniste où tout effet descriptif (la mer, les vagues) serait déplacé. C’est dans cet esprit qu’après l’entracte Sokhiev, à la manière de son maître Yuri Temirkanov, laisse circuler l’air entre les pupitres dans une 4ème Symphonie de Tchaikovski angoissée comme il le faut (c’est la première des trois Symphonies « du Destin »), notablement mûrie depuis son disque « de mariage » avec l’orchestre (Naïve - 2008). Grand moment des cordes dans un Scherzo en pizzicati digne des meilleures phalanges russes, ce qui n’indique en aucun cas une quelconque altération de la personnalité si française de l’Orchestre.

François Lafon

Philharmonie de Paris, 2 avril Photo © DR

 

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