Dimanche 26 mai 2019
Concerts & dépendances
Lulu, à jamais dérangeante
mercredi 19 octobre 2011 à 10h13

Il reste des places pour Lulu à l’Opéra Bastille. Rien d’étonnant, à revoir le spectacle de Willy Decker donné pour la dernière fois en 2003. Sur l’affiche : la Femme de tous les dangers lovée sur le Canapé Bouche de Salvador Dali et cernée de voyeurs en chapeaux mous. Un cirque coloré, une BD (très) animée, l’antithèse du piège de marbre noir imaginé par Patrice Chéreau et Richard Peduzzi en 1979, lors de la création très médiatisée de la version complétée par le compositeur Friedrich Cerha. Une mise en scène illustrative, voire explicative, mais qui n’empêche pas que cette histoire soit complexe, et la musique d’Alban Berg à tout jamais dérangeante. Interprétation impeccable : Laura Aikin (Lulu) et Jennifer Larmore (la Comtesse), Wolfgang Schöne (Schön) et Franz Grundheber (Schigolch), sous la baguette très sûre de Michael Schonwandt. Remarque saisie à l’entracte : « Ils jouent cela comme du Mozart, mais cela reste un brûlot ». Un classique, en somme.

François Lafon

Opéra National de Paris Bastille, les 21, 24, 28 octobre, 2, 5 novembre.