Dimanche 26 mai 2019
Concerts & dépendances
Liszt tel qu'on le chante
samedi 3 décembre 2011 à 12h18

Mélodies et lieder de Liszt, à l’Amphithéâtre Bastille, par l’Atelier lyrique de l’Opéra de Paris. Salle pleine, comme pour les spectacles scéniques : l’Atelier est devenu une institution à la mode. Neuf des douze stagiaires, dont quatre nouveaux, se livrent à l’exercice périlleux du récital. Un piano, une présence, une voix, et rien pour se rattraper, qui plus est dans le cadre glacial de cet amphi en sous-sol. Le niveau général est bon, et quelques personnalités explosent : le ténor Cyril Dubois, qui enchaîne les virtuosissimes Trois Sonnets de Pétrarque avec une aisance de grand pro, le baryton Michal Partyka, la soprano Andreea Soare, et bien sûr la mezzo Marianne Crebassa, Orphée de Gluck mémorable la saison dernière, et qui donne cette fois un Mignons Lied d’anthologie. On sort débarrassés de quelques préjugés : de Pétrarque à Goethe, de Musset à Hugo, Liszt a inventé un monde mélodique à la mesure de son éclectisme, et qui n’a pas grand-chose à envier à Schubert, Schumann ou Wolf. Pour en faire le tour, neuf voix prometteuses et quatre pianistes ne sont pas de trop. Quelle autre institution peut offrir cela à son public ?

François Lafon

Marianne Crebassa