Jeudi 22 août 2019
Concerts & dépendances
Les Noces de Figaro « de » Strehler, passage de relais
dimanche 16 septembre 2012 à 01h16

A l’Opéra Bastille, quarante-et-unième reprise, cent-soixante-dix-huitième représentation des Noces de Figaro dans la mise en scène de Giorgio Strehler. Un spectacle tout trouvé pour les Journées du Patrimoine. Salle bondée, et pas seulement de nostalgiques ; en découvrant le décor du 3ème acte (la galerie en perspective), un jeune homme lâche : « Ça, c’est génial ! ». Au rideau final, applaudissements nourris pour Humbert Camerlo, assistant de Strehler en 1973, et gardien du temple : c’est lui qui, depuis les années 1990 – époque où le spectacle était si décalé que le metteur en scène et le scénographe Ezio Frigerio avaient fait retirer leurs noms de l’affiche – passe le relais aux chanteurs, génération après génération. Ce soir, l’ensemble est impeccable, comme un vin vieux dont on redécouvre les arômes, et pourtant la tonalité n’est pas la même. Cela tient probablement à la direction enlevée d’Evelino Pido – un spécialiste de Rossini – et à la personnalité d’Alex Esposito, Figaro virevoltant, assez éloigné du jacobin voulu par le metteur en scène. Du coup, le fond « commedia dell’arte » cher à Strehler prend le dessus. Décalage, peut-être, trahison, pas vraiment.

François Lafon

Photo © Opéra de Paris