Samedi 26 novembre 2022
Concerts & dépendances
Le sourire ambigu de Gil Shaham
vendredi 11 janvier 2013 à 10h36

Drôle de concert à Pleyel, où le violoniste Gil Shaham poursuit avec l’Orchestre de Paris son cycle « Concertos des années 1930 ». Il joue cette fois le Concerto de Stravinsky (1931), mélange de sport violonistique extrême et de raffinement néo-classique. Au pupitre : Nicola Luisotti, directeur du San Carlo de Naples et de l’Opéra de San Francisco. Concours de sourires - éclatant chez le chef, plus ambigu pour le soliste – et d’expressivité. Gestique lyrique de Luisotti, démonstrative et analytique de Shaham, qui transmet à l’orchestre la souplesse, la variété de son jeu. Trois bis, de Bach à l’Américain Bolcom, achèvent de rendre la soirée inoubliable. Luisotti reprend la main - et avec une certaine poigne -, dans la 3ème Symphonie de Prokofiev, recyclage orchestral de l’opéra L’Ange de feu considéré à l’époque (1929) comme injouable. L’Orchestre y conserve quelque chose de la pointe sèche stravinskienne : éternelle rivalité des deux compositeurs. Mais c’est dans l’ouverture de La Force du destin (début de l’année Verdi) et le Capriccio italien de Tchaikovski que le chef se déchaîne. Eternelle rivalité, cette fois, de la grande musique et de la grosse musique.

François Lafon

Salle Pleyel, Paris, 9 et 10 janvier

 

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