Mercredi 23 octobre 2019
Concerts & dépendances
Le phénomène Luis Fernando Pérez
jeudi 1 décembre 2011 à 09h23

Récital, à l’Auditorium du Louvre, du pianiste espagnol Luis Fernando Pérez, alors que paraît chez Mirare son enregistrement des Goyescas de Granados. Très jeune, très vieux ce personnage longiligne qui arrive à petit pas rapides et se lance, penché sur le clavier, dans une série de Lieder de Schubert et de Schumann transcrits par Liszt ? L’artiste est plein de surprises : fantasque sous ses airs sérieux, bouillant et analytique en même temps. Il se révèle vraiment avec la Mort d’Isolde… transcrite par Liszt (le récital fait partie de la série Au fil de Liszt), qu’il détricote et retricote avec une agilité incroyable. Puis vient une Rhapsodie espagnole (de Liszt bien sûr) qui ferait danser un public moins correct, prélude à de larges extraits d’Iberia d’Albeniz, en seconde partie. Pourquoi Albeniz ? Parce qu’il a failli rencontrer Liszt à Barcelone en 1880, ou plutôt, comme le montre Pérez, parce que, comme Liszt, il repoussé les limites du piano ? Jouée ainsi, en tout cas, cette musique complexe tourne au feu d’artifice. A propos, Luis Fernando Pérez est très vieux et très jeune : il a trente-quatre ans.

François Lafon