Lundi 20 mai 2019
Concerts & dépendances
Le Concerto stupéfiant de Gilbert Amy
vendredi 2 décembre 2016 à 16h47
Lorsqu’il apparaît sur la scène musicale aux alentours de 1960, Gilbert Amy est perçu comme le premier compositeur français depuis Boulez - de onze ans son aîné - à se faire un nom dans la mouvance dite (à tort ou à raison) sérielle. L’écart entre eux n’est cependant pas assez grand pour qu’on puisse voir en lui un héraut de la génération suivante. Elève de Darius Milhaud et d’Olivier Messiaen, il étudie la direction d’orchestre avec Boulez, à qui il succède en 1967 à la direction du Domaine Musical. Premier directeur musical de l‘Orchestre philharmonique de Radio France (1976-1981), il dirige de 1984 à 2000 le Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon. Que pour ses quatre-vingts ans le « Philharmonique » lui ait consacré un week-end sous forme d’une « carte  blanche à » était dans l’ordre des choses. Cinq concerts, dont un par le Quatuor Hermès - Amy, Ligeti et pour finir Haydn - et un par le « Philar », avec au programme Bach-Webern, Messiaen et deux pages récentes d’Amy : L’espace du souffle, trois mouvements pour orchestre (2007-2008) et surtout, avant l’entracte, le remarquable Concerto pour violoncelle (2000). Le soliste (Leonard Elschenbroich), sans arrêt au premier plan mais très rarement expansif, même dans la cadence centrale, y partage la vedette avec la percussion, l’orchestre (Stefan Asbury) étant fourni mais « de chambre » : un seul tutti (très « Messiaen ») juste avant la fin, adieu sur la pointe des pieds. Dédié à la mémoire de Toru Takemitsu, cet assez stupéfiant concerto se veut - surtout dans la sixième de ses sept parties de dimensions inégales - un hommage à la musique japonaise.
 
Marc Vignal
 
Auditorium de Radio France, 5 novembre Photo © DR