Vendredi 23 août 2019
Concerts & dépendances
Laurent Naouri fait son jazz
dimanche 29 mai 2011 à 19h00

Vendredi soir, au bar de l’hôtel Bel-Ami, à Saint Germain-des-Prés, Laurent Naouri chante le jazz. Au piano, Manuel Rocheman, à l’harmonica, Olivier Ker Ourio. Des pros. La veille, il était à Berlin pour Samson et Dalila, le lendemain, il a repris ses valises, destination Cosi fan tutte. Il est coutumier du fait. Avec Rocheman, il a même enregistré un disque jazz, « Round about Bill » (Evans) en 2007. A le voir ni à l’entendre, on ne soupçonne le baryton d’opéra. Mais il n’y a pas que cela. Dans le « grand » répertoire, il est un virtuose, un chanteur de notre temps : il jongle avec les époques, les langues, les styles. Ici, il n’a rien à prouver, il cède à une passion. Quand Michel Legrand, présent dans la salle, lui demande s’il peut l’accompagner, il jubile : « Vous ne pouvez pas savoir ce qui se passe à l’intérieur ». Par moments, il en fait trop, on dirait qu’il joue au chanteur de jazz. Et alors ? Combien, parmi ses confrères, sont capables de se remettre ainsi en question ?

François Lafon