Mercredi 23 octobre 2019
Concerts & dépendances
La Fille du régiment : tout dans le contre-ut
mardi 16 octobre 2012 à 00h27

Depuis cinq ans que, partie de Londres, elle écume les scènes, La Fille du régiment fait enfin escale à Paris – Bastille. L’ouvrage, composé par Donizetti pour l’Opéra Comique, fonctionne à coups de contre-ut en cascade et de mélodies bien cirées, et deux gosiers d’or suffisent à enflammer les foules : June Anderson et Alfredo Kraus en 1986 à la salle Favart, Natalie Dessay et Juan Diego Florez aujourd’hui. Le metteur en scène Laurent Pelly y offre un copier-coller de La Grande Duchesse de Gérolstein qu’il avait monté au Châtelet en 2004 : poilus de 1914, patriotisme en bataille, dérision joyeuse. Mais Donizetti n’est pas Offenbach et le deuxième degré fonctionne moins bien, en dépit d’une mise au goût du jour des dialogues parlés. N’importe : Dessay charge son personnage mais est très en voix, Florez joue les bidasses avec charme (et quels aigus !) et Felicity Lott fait un tabac en guest star à l’accent british. Dialogue glané à la sortie : « Comment peut-on aussi bien chanter de telles fadaises ? - Ne te plains pas : c’est si souvent l’inverse… »

François Lafon

Opéra de Paris – Bastille, 15, 18, 21, 24, 27, 30 octobre, 2, 6, 8, 11 novembre.Photo © Opéra de Paris