Mercredi 22 janvier 2020
Concerts & dépendances
La Clémence de Titus ou la chaleur du marbre
mardi 13 septembre 2011 à 10h22

Hier, quarante-neuvième représentation de La Clémence de Titus à l’Opéra de Paris. L’ouvrage, aujourd’hui considéré comme un des « big seven » de Mozart, n’est entré au répertoire qu’en 1987. Le spectacle, signé Willy Decker, date de 1997. En 2005, il a été temporairement remplacé par une reprise de la production célèbre mais plus ancienne encore (Bruxelles - 1981) de Karl Ernst Hermann. Esthétiquement et dramatiquement, les deux se ressemblent, sauf que celle-ci est moins pertinente, moins mémorable : trop de jeux de scène parasites pour animer l’alternance air-récitatif. La distribution est de premier ordre : Klaus Florian Vogt (le Lohengrin de Bayreuth, vu sur Arte cet été), Stéphanie d’Oustrac, Hibla Gerzmava (une soprano grand format venue d’Abkhazie), sous la direction du spécialiste Adam Fischer. Le public applaudit sans excès, comme refroidi par le bloc de marbre au centre de la scène, qui devient un buste géant de l’empereur, et qui rappelle que La Clémence de Titus est un retour au vieil opera seria, alors que la musique, contemporaine de La Flûte enchantée, est du plus bouleversant Mozart.

François Lafon

Opéra National de Paris, Palais Garnier, les 15, 20, 23, 26, 30 septembre, 5 et 8 octobre.