Mercredi 17 juillet 2019
Concerts & dépendances
La Chaise-Dieu 2018 - 3 : hommage aux victimes du nazisme
vendredi 31 août 2018 à 15h09
Vers 1900 naît à Vienne une musique source de scandale. Mahler compose puis orchestre ses quatre « Chants d’un compagnon errant » avant son arrivée dans la cité en 1897 comme directeur de l’Opéra impérial et royal, mais  ces lieder de jeunesse (ainsi que toute sa production) seront vénérés par la génération viennoise montante. Schönberg en dirige le 6 février 1920 une version pour orchestre de chambre avec piano et harmonium (due très probablement à lui-même) dans le cadre de sa Société d’exécutions musicales privées. C’est par cette version qu’a débuté à La Chaise Dieu le concert de l’ensemble Voix étouffées / Les Métamorphoses, fondé en 2005 par le chef d’orchestre Amaury du Closel pour rendre hommage aux compositeurs victimes du nazisme. Suivaient, d’Alexander von Zemlinsky, considéré par Schönberg comme son seul « professeur », les Six mélodies opus 13 sur des poèmes de Maeterlinck : climat de féerie, de spiritualité et de mort. Face au nazisme, Schönberg et Zemlinsky s’exilent aux Etats-Unis, l’un en 1933, l’autre en 1938 (il y meurt en 1942 pauvre et oublié). Franz Schreker, lui aussi juif, est démis de son poste de directeur de l’Académie des Arts de Berlin, où il a fait nommer Schönberg, et s’éteint en 1934. Il triompha dans l’opéra. La Symphonie de chambre pour vingt-trois instruments dont piano, harpe, célesta et harmonium (1917), une de ses rares grandes pages instrumentales, prolonge en quelque sorte l’opus 9 de Schönberg. Concert captivant, astucieusement programmé, clos après la symphonie de chambre par cinq mélodies du même Schreker, chantées comme celles de Mahler et de Zemlinsky par le baryton coréen Jiwon Song, lauréat de plusieurs concours.
Marc Vignal
 
Abbatiale Saint-Robert, 25 août (Photo © B. Pichène)