Dimanche 26 mai 2019
Concerts & dépendances
La Chaise Dieu (2) : Zelenka et les Collégiens
mardi 4 septembre 2012 à 18h59

Parmi les contemporains de Bach, un des plus grands est Jan Dismas Zelenka (1679-1745), natif de Bohême. Il séjourna à Dresde (comme contrebassiste) et à Vienne, voyagea en Italie, et, à partir de 1719, se fixa définitivement à Dresde, où en 1726 lui fut confiée la supervision des services catholiques mais où en 1729 on lui préféra, pour le poste de maître de chapelle, Johann Adolf Hasse, tenant du goût italien. Sa production relève essentiellement du domaine religieux : grande maîtrise contrapuntique, audacieuses recherches harmoniques. Un des sommets du festival de La Chaise-Dieu a été l’exécution, par l’orchestre baroque Collegium 1704 et l’ensemble vocal Collegium Vocale 1704 menés par leur chef et fondateur Vaclav Luks, de ses Responsoria pro hebdomada sancta (Répons pour la semaine sainte) en trois parties - jeudi, vendredi, samedi - de 1723. Le style théâtral « moderne » s’y mêle à la tradition grégorienne et au contrepoint plus ou moins issu de Palestrina. L’œuvre, de vastes dimensions, était entrecoupée d’un bref Crucifixus de Lotti, que Zelenka connut sans doute, et de pages instrumentales de Haendel et Vivaldi. Le concert prit fin avec le puissant Miserere de 1738 de Zelenka lui-même. La personnalité et les activités de Zelenka restent entourées de mystère, mais on ne peut qu’être saisi par la dimension mystique de sa musique et par son « extraordinaire propension à traduire la souffrance et la mort ». Les auditeurs des Responsoria ne n’y sont pas trompés. (à suivre)

Marc Vignal

Le Puy-en-Velay, église Saint-Pierre des Carmes, 28 août Photo © Célik Erkul