Vendredi 23 août 2019
Concerts & dépendances
L’Or du Rhin : la main aux musiciens
mercredi 30 janvier 2013 à 11h20

Lancement avec L’Or du Rhin, de la saison tétralogique à l’Opéra Bastille - huit cycles en kit jusqu’en juin – pour le bicentenaire de la naissance de Wagner. Très peu des changements annoncés dans la mise en scène manga-BD de Günther Krämer, créée en 2010 : c’est après, avec La Walkyrie, que le bateau a commencé à tanguer. L’image finale résume le propos et annonce les dérives : pendant que les dieux casqués gravissent l’escalier doré qui mène au Walhalla, arrive une équipe de gymnastes en shorts et débardeurs (Berlin, 1936?) portant des lettres géantes formant le mot Germania. C’est de la fosse que vient le changement : Philippe Jordan, lent et prudent en 2010, de plus en plus assuré jusqu’au Crépuscule des dieux un an plus tard, promet aujourd’hui une Tétralogie grand format : phrasés affinés, équilibre avec les voix, palette orchestrale démultipliée. Ses débuts à Bayreuth dans Parsifal, l’été dernier, ont apparemment porté leurs fruits. Plateau vocal plus homogène aussi, avec un nouveau Wotan - Thomas Johannes Meyer – vocalement assuré et très naturel en maffieux de série TV. Signe des temps : en attendant que les metteurs en scène – Krämer le premier – rechargent leurs accus tétralogiques, c’est aux musiciens de reprendre la main.

François Lafon

Opéra de Paris Bastille, jusqu’au 12 février, et le 18 juin Photo © DR