Dimanche 26 mai 2019
Concerts & dépendances
L’Or du Rhin en toute simplicité
mardi 12 mars 2013 à 10h44

Puisque bicentenaire wagnérien il y a, le Grand-Théâtre de Genève n’a pas résisté à se lancer dans La Tétralogie et en a confié la mise en scène au vétéran Dieter Dorn. Celui-ci évite le piège dans lequel est tombé son confrère Günter Krämer à l’Opéra de Paris : se montrer plus malin que Wagner. N’aspirant ni à révolutionner Le Ring ni à en accumuler des lectures politiques, psychanalytiques ou autres, il s’attache à narrer au présent un conte épique, avec son entrelacs de prosaïsme et de merveilleux, avec un Wotan pusillanime et déjà défait. Malgré de menues banalités esthétiques et quelques hésitations mal résolues entre espace et architecture, il y parvient. Ingo Metzmacher dirige avec finesse et cursivité une cohérente équipe vocale, de laquelle se distinguent les deux ténors de comédie Corby Welch (Loge) et Andreas Conrad (Mime), le mordant John Lundgren (Alberich) et l’émouvant duo de sœurs, Elena Zhidkova (Fricka) et Agneta Eichenholz (Freia). Cet Or du Rhin sans fioritures donne en tout cas envie de voir la suite, dès l’automne prochain, en attendant le cycle complet au printemps 2014.

Frank Langlois


Genève, Grand Théâtre, 9, 12, 15, 24 mars Photo © C. Parodi