Mardi 21 mai 2019
Concerts & dépendances
L’Ile du rêve, pas de la tentation
mardi 6 décembre 2016 à 23h29
Au Théâtre de l’Athénée : L’Ile du rêve de Reynaldo Hahn, importé du festival Musiques au pays de Pierre Loti. Un ouvrage de jeunesse (Hahn avait dix-sept ans) inspiré de l’autofiction Le Mariage de Loti, où l’auteur d’Aziyadé s’identifie à la fois à son personnage et à son (vrai) frère aîné Gustave, pour imaginer une fable dont il reprendra le thème dans Madame Chrysanthème (qui sera mis en musique par André Messager) et que l’on retrouvera dans Madame Butterfly (David Belasco, immortalisé par Puccini) et Lakmé de Léo Delibes, évoquant le choc des cultures et les mirages du colonialisme. Un bain de sensualité musicale selon le goût de l’époque (1898), mais déjà finement composé, auquel le spectacle mis en scène par Olivier Dhénin tente de donner un équivalent visuel, convoquant Gauguin, Picasso et quelques autres sur fond de photographies d’époque. Mais l’ensemble fait plutôt penser une fête de fin d’année dans un collège de jeunes filles, second degré après tout justifiable (l’impossibilité de retrouver les charmes d’un rêve du bout du monde ?) s’il n’était compromis en particulier par la maladresse du jeu d’acteurs. Bonnes voix cependant, issues pour beaucoup de l’Académie de l’Opéra-Comique, direction animée de Julien Masmondet, directeur du festival, à la tête d’un ensemble valeureux mais pas toujours irréprochable de douze musiciens (transcription du spécialiste Thibault Perrine). 
François Lafon

Théâtre de l’Athénée, Paris, jusqu’au 11 décembre