Lundi 16 décembre 2019
Concerts & dépendances
L'Orchestre National passe à l'Est
dimanche 20 octobre 2019 à 14h09
Epris de littérature russe, ce dont témoigne notamment son opéra Katia Kabanova (1921), Janacek compose en 1918 sa rhapsodie pour orchestre Tarass Boulba, d’après Gogol. Il s’est enthousiasmé à la lecture de son ouvrage glorifiant les indomptables cosaques et leur chef, et en tire cette rhapsodie en trois parties, son chef-d’œuvre orchestral. Il use d’un langage passionné et heurté pour décrire cette fresque, jusqu’à l’apothéose terminale sorte d’hymne, moins patriotique que spirituel, soutenu par l’orgue et les cloches. Cette page trop rarement donnée inaugurait le concert de l’Orchestre National de France, sous la baguette du chef tchèque Tomas Netopil. Suivait le troisième concerto pour piano de Bartok, sa dernière œuvre (1945). Plus qu’auparavant chez lui, règnent ici la clarté et la transparence, dès les premières notes du soliste, et en particulier dans l’Adagio religioso central, d’une sérénité intemporelle. Jean-Efflam Bavouzet interprète ce concerto avec un grand souci des nuances, des pianissimi à la limite du silence, en mimant en quelque sorte son déroulement, ses péripéties, ce que l’auditoire apprécie fortement. Après l’entracte, on se trouve en terrain plus familier : tout d’abord trois extraits du cycle Ma patrie de Smetana : Vysehrad, Vltava (La Moldau) et Sarka, dont le deuxième, rien d’étonnant, récolte à lui seul des applaudissements nourris. Inscrites au programme, les deux Danses slaves opus 46 n°1 et 8 de Dvorak sont perçues comme autant de bis, le concert prend ainsi fin dans une atmosphère festive.
Marc Vignal
 
Auditorium de Radio France, 16 octobre (Photo : Jean-Efflam Bavouzet © DR)