Mercredi 23 octobre 2019
Concerts & dépendances
Herbert Blomstedt et les tempêtes brucknériennes
vendredi 28 septembre 2012 à 10h53

A Pleyel, Herbert Blomstedt dirige l’Orchestre de Paris dans la 8ème Symphonie de Bruckner. Atmosphère des grands soirs : Blomstedt, longtemps considéré comme un respectable mais peu glamour kappelmeister, fait figure aujourd’hui de témoin d’un âge d’or, tels en leur temps Karl Böhm ou Günter Wand, eux-mêmes parvenus au premier plan sur le tard, après la disparition des grands anciens. Rien d’un démiurge chez ce vieux monsieur souriant, pas d’effets de manche ni d’état de transe. Comme Böhm, il provoque des tempêtes d’une simple levée de baguette, et soulève le colossal Adagio (une demi-heure, le plus long du répertoire) comme il animerait un menuet de Mozart. L’Orchestre fait corps avec lui comme il le faisait avec Carlo Maria Giulini, longtemps son chef préféré. Comme disait Sergiu Celibidache, autre brucknérien confirmé : « Les concerts sont légions, mais la musique est rare ».

François Lafon